Types de chirurgie


Il y a trois types d’intervention possibles:
  1. Une colectomie avec anastomose iléorectale (AIR)
  2. Une coloproctectomie totale avec anastomose iléo-anale (AIA avec réservoir iléal en J)
  3. Une coloproctectomie totale avec iléostomie définitive
Lors de la consultation, le chirurgien discute avec le patient du type d’intervention chirurgicale la plus adéquate.
Colectomie avec anastomose iléorectale (AIR)
Intervention chirurgicale

Cette opération consiste à enlever tout le côlon avec conservation du rectum. L’extrémité de l’intestin grêle (l’iléon terminal) est raccordée (anastomose) au sommet du rectum.
C’est pourquoi cette intervention est appelée “anastomose iléorectale”.

La durée d’hospitalisation est de 8 à 12 jours. Une vie normale est possible après plus ou moins 6 semaines.
Comme après toute intervention abdominale, il faut éviter de porter de lourdes charges durant 3 mois.
Comme le côlon joue un rôle important dans la résorption de l’eau, la résection a comme conséquence des défécations plus fréquentes (3 à 4 fois par jour) de selles moins formées. Si ce problème persiste, une médication sous forme de lopéramide est parfois nécessaire. Ce médicament ralentit le transit intestinal et ne crée pas de dépendance.
Cette opération ne peut pas être effectuée:
  • si le patient a déjà un cancer du rectum
  • s’il y a déjà trop de polypes dans le rectum
  • si on sait que le patient ne se fera pas examiner régulièrement après l’intervention
La vie après l’opération
Certaines personnes sont dérangées par certains types d’aliments. D’autres, par contre, n’éprouvent aucune difficulté et peuvent manger ce qu’elles veulent. Chacun doit trouver ce qui lui convient le mieux.
Suivi après la chirurgie
Après cette intervention, un contrôle régulier du rectum doit être assuré (1 à 2 fois par an), et ce la vie durant, afin d’enlever à temps le moindre polype. Ne pas se soumettre à ce suivi régulier entraîne un risque majeur de développer un cancer du rectum.
Puisque des polypes peuvent aussi se former dans l’estomac et le duodénum, il est conseillé de faire également examiner ceux-ci.

Coloproctectomie totale avec anastomose iléo-anale (AIA avec réservoir iléal en J)
Intervention chirurgicale
Cette opération consiste à enlever le côlon et le rectum, en conservant l’anus. Un nouveau rectum, aussi appelé réservoir, est construit avec la partie terminale de l’intestin grêle. Celui-ci est relié à l’anus, et les selles sont ainsi contrôlées par voie naturelle. Ce nouveau rectum agit comme un réservoir pour les selles jusqu’à ce que la personne se rende aux toilettes.

IPA
Cette intervention est habituellement réalisée en deux étapes:
Etape 1
Le côlon et le rectum sont retirés, le réservoir est construit et relié d’emblée à l’anus. En raison de la complexité de l’intervention, il est souvent nécessaire d’attendre la cicatrisation complète des sutures. C’est pourquoi, durant une période temporaire, l’intestin grêle est abouché à la peau de l’abdomen. Ce procédé porte le nom d’iléostomie. Les selles sont alors collectées dans une poche en plastique spécial qui est collée sur la peau autour de la stomie. Cette poche est vidée plusieurs fois par jour. La durée moyenne de l’hospitalisation est de 10 à 12 jours après l’intervention. Une reprise de travail sans effort physique est possible après 4 à 6 semaines.
Etape 2
Après au moins 2 mois, quand les sutures sont bien cicatrisées, l’iléostomie est refermée par une seconde opération, de manière à ce que les selles passent à nouveau par l’anus naturel.
Le séjour à l’hôpital est de 4 à 8 jours.
Il est parfois possible de réaliser cette intervention sans passer par l’iléostomie temporaire. Cette décision est prise par le chirurgien en cours d’intervention. Une reprise de travail sans effort physique est possible 4 à 6 semaines après cette seconde étape.
La vie après l’opération
Au début, les patients ont des selles très molles et fréquentes. Après une période d’adaptation, le nombre de selles se fixe en moyenne entre 4 et 6 par jour. Quand les selles sont plus fréquentes, des tablettes de lopéramide peuvent être prises. Ces tablettes ralentissent le transit intestinal et ne créent pas de dépendance. En cas de besoin urgent, il n’y a habituellement pas de problème pour retenir les selles. Certaines personnes doivent aller aux toilettes pendant la nuit. Quelques-unes se sentent plus à l’aise si elles portent une protection. Certains types d’aliments irritent l’intestin. Chacun finit par trouver ce qui lui convient après quelques essais. Il est parfois conseillé de consulter un diététicien.
Suivi après la chirurgie
Le grand avantage de cette intervention est d’écarter définitivement le risque de cancer rectal. L’inconvénient est qu’il faut un délai de 6 à 18 mois avant que le patient n’atteigne le résultat fonctionnel optimal de 4 à 6 selles par jour. Pendant cette période d’adaptation, il est nécessaire d’être suivi et conseillé très régulièrement. Lorsque tout est rentré dans l’ordre, une consultation clinique et un examen endoscopique du réservoir sont conseillés une fois par an.
Puisque des polypes peuvent aussi se former dans l’estomac et le duodénum, il est conseillé de faire également examiner ceux-ci.
Coloproctectomie totale avec iléostomie définitive
Intervention chirurgicale
Dans le cas exceptionnel où le patient a déjà développé un cancer du rectum, la seule possibilité de traitement est de retirer tout le côlon et tout le rectum. L’extrémité de l’intestin grêle est amenée à la surface de la peau à travers la paroi abdominale (iléostomie définitive).
La vie après l’opération
Les selles émises par l’iléostomie sont recueillies dans une poche en plastique collée sur la peau de l’abdomen. Le patient apprendra facilement comment remplacer la poche et comment prendre soin lui-même de l’iléostomie ce qui lui permettra d’avoir une vie et des activités normales.
Suivi après la chirurgie
Comme cette intervention consiste à enlever la totalité du côlon et du rectum, il n’y a bien sûr plus aucun risque de développer des polypes du côlon ou du rectum. S’il y avait un cancer du rectum avant l’opération, la nécessité d’un traitement complémentaire et le suivi régulier dépendront de l’extension de ce cancer.
Puisque des polypes peuvent aussi se former dans l’estomac et le duodénum, il est conseillé de faire également examiner ceux-ci.

La chirurgie laparoscopique
Les 3 opérations décrites ci-dessus peuvent également être réalisées par laparoscopie. Le principe de l’opération reste le même, mais l’approche est différente. La laparoscopie, ou ‘regarder dans la cavité abdominale’, consiste en une opération dans la cavité abdominale par le biais d’une micro-caméra. L’opération se fait par de petites incisions dans le ventre, à l’aide d’instruments spécialisés sous contrôle vidéo.
Parce qu’une opération dans le cadre d’une FAP est souvent exécutée d’une manière préventive, c’est à dire chez des personnes jeunes, encore actives sur le plan social et professionnel, la procédure la moins invasive possible est préférable. Les avantages de cette technique sont entre autres une incision abdominale plus petite (donc une plus petite cicatrice), moins de risque d’adhérences et donc d’obstructions, un rétablissement plus rapide et - par conséquent - une hospitalisation plus courte. L’intervention par voie laparoscopique est un peu plus difficile techniquement et est légèrement plus longue. Malgré cela, la balance reste en faveur de la laparoscopie qui, de plus en plus, est considérée comme le standard. Il faut cependant prendre en considération le fait que tous les patients ne sont pas aptes à subir une procédure laparoscopique. En moyenne la plupart des patients restent 7 à 10 jours à l’hôpital et peuvent reprendre leurs activités normales après plus ou moins 6 semaines.
A long terme, il n’y a - excepté le moindre traumatisme de la paroi abdominale et le résultat cosmétique – que peu de différence entre une intervention classique et laparoscopique. Puisque la même reconstruction (IRA ou réservoir iléal) est exécutée, les résultats fonctionnels en ce qui concerne le transit intestinal (nombre de selles par jour) sont comparables.

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